Nicolas Sarkozy : Politique énergétique

Les projections actuelles montrent que croissance économique et démographique entraîneront mécaniquement un doublement de la demande énergétique mondiale d’ici 2050 (pour atteindre 28 TW de puissance, contre les 14 TW mondiaux aujourd’hui). Par ailleurs, ce doublement de la production énergétique devra s’accompagner d’une diminution des rejets de dioxyde de carbone (CO2), un gaz à effet de serre, afin de ne pas déclencher une crise climatique et environnementale, dans un contexte mondial de raréfaction probable du pétrole et de méfiance vis-à-vis du nucléaire (en Europe notamment).

D’un point de vue purement quantitatif, certaines énergies renouvelables comme le solaire ou l’éolien représentent chacune moins de 1% de la production énergétique française contre environ 30 % pour le nucléaire et 50 % pour les combustibles fossiles (pétrole, gaz naturel, charbon). (source : Ministère de l’Ecologie, du développement durable, des transports et du logement)

>> Faut-il modifier ce mix énergétique et quelles politiques lancerez-vous pour cela ?

Le choix du nucléaire comme choix stratégique pour notre pays a été décidé après la seconde guerre mondiale par le Général de GAULLE et amplifié après le choc pétrolier en 1974. En effet, dans un contexte d’augmentation sensible des prix de l’énergie, la France a souhaité devenir indépendante en matière électrique et ne pas dépendre de produits fossiles (charbon, pétrole, et gaz) dont les ressources étaient en diminution.

Le nucléaire est devenu un pilier de notre politique énergétique puisqu’il garantit à la France un taux d’indépendance énergétique de 50 % et qu’il assure 78 % de notre consommation d’électricité. Il nous permet d’avoir une électricité 35% moins chère que la moyenne des autres pays européens, ce qui bénéficie au pouvoir d’achat des Français et à la compétitivité de nos entreprises.

La France peut être fière du résultat produit par son programme nucléaire : plus des trois-quarts de l’électricité consommée en France est d’origine nucléaire et l’électricité elle-même représente 42% de l’ensemble de l’énergie consommée. Combiné au développement des énergies renouvelables, notre parc nucléaire nous offre une indépendance énergétique hors normes : alors que le taux de dépendance aux énergies fossiles est de 90% dans le monde et 80% en Europe, il s’élève à seulement 50% en France.

Je souhaite rappeler que le nucléaire représente pour la France 410 000 emplois, dont 125 000 emplois directs, que nous devons prendre en compte dans le développement de notre politique énergétique. S’écarter du nucléaire, c’est aussi menacer ces emplois.

Par ailleurs, s’écarter du nucléaire, ce serait mettre en péril les résultats exceptionnels de la France en matière de réduction des émissions de CO². Notre pays se classe en troisième position des Etats de l’OCDE les moins émetteurs de CO², avec 8 tonnes par habitant et par an (contre une moyenne de plus de 12t en Europe).

À l’échelle mondiale, gaz et charbon représentent les 2/3 de l’électricité mondiale. En France, l’électricité est à 75 % d’origine nucléaire, et un débat a actuellement lieu partout en Europe sur cette source d’énergie.

>> Quelle doit être la source majeure d’électricité de demain en France ?

Notre engagement dans le nucléaire n’empêche pas la France de mener une politique ambitieuse en matière de développement des énergies renouvelables. Les énergies renouvelables connaissent un très fort développement, qui doit se poursuivre car elles représentent véritablement une solution de croissance énergétique durable s’inscrivant dans nos objectifs de réduction de gaz à effet de serre. Elles représentaient ainsi, en 2010, 13% de la consommation d’énergie, contre 10% en 2007. Et le Grenelle a fixé un objectif de 23% à l’horizon 2020. Le parc éolien a déjà triplé et le premier appel d’offres éolien offshore a été lancé le 11 juillet 2011 pour 3000 MW de capacité. La filière photovoltaïque a, elle aussi, connu un développement sans précédent : le parc installé aujourd’hui représente 18 fois celui existant en 2007 et dans 10 ans, les panneaux installés représenteront au moins deux fois l’objectif initial du Grenelle.

Grâce à notre mix énergétique et à notre électricité issue de l’énergie nucléaire, la France fait donc partie des pays les moins pollueurs. En outre, pour un euro dans la recherche sur le nucléaire, un euro est désormais investi dans la recherche sur les nouvelles technologies de l’énergie (renouvelables, smart grids, bâtiments intelligents, véhicule électrique). Les investissements d’avenir consacrés aux énergies renouvelables, 1 milliard d’euros pour des instituts d’excellence dans les énergies décarbonées et 1,35 milliard d’euros pour des démonstrateurs énergies renouvelables et captage et stockage de CO2, abondent également dans ce sens.

La France est incontestablement l’un des leaders mondiaux dans le nucléaire, mais est plus en retrait sur des domaines porteurs comme le solaire (par exemple). Cette avance sur le nucléaire est en grande partie due à des investissements massifs de l’État.

>> Quel plan de recherche et de développement envisagez-vous en matière d’énergie ? Comment voyez-vous les rôles de grands acteurs traditionnels publics comme privés (Commissariat à l’Energie Atomique, Electricité De France, …) ?

Je souhaite poursuivre notre politique énergétique qui lie compétitivité et respect de l’environnement. C’est grâce à notre indépendance énergétique que nous pouvons aujourd’hui attirer les grandes entreprises sur notre territoire mais également préparer les transports de demain comme la voiture électrique.

Les grands acteurs ont bien évidemment un rôle important dans cette politique énergétique et dans la recherche de nouvelles sources de production.

Les ressources énergétiques et leur prix ont de toute évidence façonné notre mode de vie et notre économie. Par exemple, le développement de l’automobile n’aurait pas été possible sans un pétrole relativement peu cher.

>> Comment conserver une énergie bon marché et aussi propre que possible ?

Nous devons garder une large part d’énergie nucléaire tout en continuant de développer les énergies renouvelables. Sortir du nucléaire au moment où la France en a le plus besoin est dangereux pour notre indépendance énergétique et pour le pouvoir d’achat des Français.

Bien évidemment, la sûreté de nos installations est un impératif non négociable. Les industriels français offrent aujourd’hui le plus haut niveau de sûreté au monde, lui permettant de bénéficier d’une expertise reconnue. Cette politique de sûreté est fondée sur le triptyque : responsabilité des exploitants, indépendance et transparence de l’organisme de contrôle, excellence de l’expertise technique.

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