Nicolas Sarkozy : Innovation et R&D

L’innovation scientifique est sans aucun doute l’une des clés des investissements d’avenir. Les recherches d’aujourd’hui sont les TGV et les Airbus de demain, pourvoyeurs de croissance sur le long terme. 

Les dépenses de Recherche et Développement, comptées en part du PIB, ont atteint leur pic en 1993 (2.4 %), puis elles ont baissé fortement entre 2002 et 2007 et pourraient même être descendues sous les 2% selon certains instituts étrangers (sources : Sénat, 2011 GlobalR&DFundingForecast pour les chiffres 2010). La France est bien loin des Etats-Unis, du Japon, de l’Allemagne, de la Suisse ou encore de la Corée du Sud en part du PIB consacré à la R&D, et les objectifs européens pris en 2000 d’une part de 3% du PIB consacré à la recherche en 2010 n’ont jamais été réalisés. 

>> Quelle politique suivrez-vous pour enrayer ce déclin ?

Depuis 2007, nous avons engagé dans ce domaine une action sans précédent. C’est l’un des chantiers les plus importants du quinquennat. Les résultats commencent à se faire sentir : malgré la crise, la part de R&D dans le PIB a progressé, ce qui n’est pas le cas dans la plupart des pays européens. Les dépenses de R&D ont augmenté de 11% entre 2007 et 2010 et ont atteint en 2010 2,26% du PIB, soit le plus haut niveau enregistré depuis 1996. Les 9 Mds€ apportés au secteur sur la période ont en particulier permis à la France d’atteindre l’un des niveaux d’investissement dans la recherche publique (0,88 % du PIB en 2010) les plus élevés de l’OCDE. De plus, cet accroissement de la recherche publique a eu un clair effet de levier sur les dépenses de R&D des entreprises qui sont aussi reparties à la hausse malgré un contexte économique très difficile: l’intensité de R&D des entreprises a augmenté de 5% depuis 2007 après avoir baissé lors du quinquennat précédent.

Par ailleurs, avec les investissements d’avenir, nous consacrons 35 milliards d’euros à des secteurs stratégiques : l’enseignement supérieur et l’innovation, les industries de demain, les PME, les technologies du développement durable et l’économie numérique.

Le lancement de la deuxième phase des pôles de compétitivité a aussi permis d’investir plus d’un milliard d’euros dans les projets de R&D.

Cet effort de l’Etat doit absolument être poursuivi.

Mais pour atteindre les 3%, nous ne pourrons compter sur les seuls investissements  publics. Il faut donc que le secteur privé, les entreprises, contribuent davantage à la recherche et à l’innovation qu’ils ne le font aujourd’hui. Il faut également renforcer la culture de la coopération entre recherche publique et privée.

Les réformes engagées depuis 2007 ont créé un environnement propice à l’innovation au plus haut niveau mondial.

La réforme du CIR en 2007 a doté la France de l’outil fiscal le plus avantageux et a fait de la France l’un des pays les plus attractifs en matière de recherche et d’innovation. Le CIR permet de démultiplier les coopérations public/privé : depuis 2007, le nombre d’entreprises bénéficiaires du CIR confiant de la R&D à des organismes publics a augmenté de 61%.

Les investissements d’avenir  donnent un coup d’accélérateur à la coopération entre  recherche publique, recherche privée et industries. Les 4,45 Mds€ consacrés à la valorisation de la recherche dans le cadre des Investissements d’Avenir permettront de faciliter les transferts de technologies public/privé, notamment grâce à la mise en place des Instituts de recherche technologique (IRT), des Institut d’Excellence dans le domaine des Energies Décarbonées (IEED), et des Sociétés d’Accélération du Transfert Technologique (SATT).

Le combat pour libérer notre potentiel d’innovation commence à porter ses fruits comme en témoigne la nette reprise des dépôts de brevets (+ 2,9% en 2010) et la montée en puissance de la coopération public/privé (38% des brevets du CNRS sont d’emblée engagés avec un industriel).

Certains géants mondiaux d’aujourd’hui dans les nouvelles technologies comme Facebook et Google sont nés de PME. Or en France, la R&D est principalement le fait de très grandes entreprises (voir par exemple http://www.invention-europe.com/Article626999.htm).

>> Comment faire en sorte que la France puisse développer un tissu de PME technologiques ?

Pour que les PME soient aussi un lieu d’innovation, je m’engage à ce que le crédit-impôt recherche soit avancé aux PME ayant des difficultés de trésorerie, pour éviter que des contraintes de financement ne les bloquent dans le développement de projets innovants.
Je propose également d’engager une simplification réglementaire, dont les PME seront les premières bénéficiaires: pour toute norme nouvelle créée, deux normes seront supprimées.

Enfin, pour dépasser l’opposition PME / grands groupes nous devons favoriser une logique collective de développement économique en conditionnant les aides publiques à l’export dont bénéficient les grands groupes (assurance-crédit COFACE ; prêts concessionnels pour l’essentiel) à des engagements concrets et contractuels pour emmener des PME avec eux sur les marchés mondiaux (mise en contact avec des clients potentiels, soutien administratif et juridique du bureau local du grand groupe). De cette manière, nous développerons une véritable solidarité entre les entreprises françaises au service du rayonnement de notre secteur industriel.

>> Quel doit être le rôle des universités dans l’innovation ? Les entreprises doivent-elles être le lieu de la R&D, ou doivent-elles préférentiellement financer la recherche (bourses, matériel …)  pour qu’elle soit faite à l’université ?

Il n’y a pas à choisir entre les deux options, qui sont complémentaires. Les universités ont vocation à devenir des centres de recherche autour desquelles gravitent tout un écosystème d’entreprises innovantes. C’est un nouveau modèle de croissance fondé sur le savoir qui est en train de prendre forme, à la faveur de la LRU de 2007 et des investissements d’avenir.

Le principal instrument pour renforcer le lien entre recherche et économie, ce sont les sociétés d’accélération des transferts de technologies que nous avons créées. Au nombre d’une dizaine, elles ont été dotées par le « Fonds national de valorisation  » de près d’un milliard d’euros.

De plus en plus, l’innovation est le fruit d’initiatives décentralisées qui impliquent une succession d’essais/erreurs pour que certaines parviennent au succès.

>> Comment concilier cette vision avec l’action des pouvoirs publics ?

L’innovation doit être soutenue partout sur le territoire. C’est l’une de clefs majeures de la croissance. L’État soutient l’innovation, par des dispositifs fiscaux, des aides directes ou la création de pôles de compétitivité, mais c’est aux entreprises et aux laboratoires de conduire leurs travaux de recherche et de développement comme ils l’entendent. Ce n’est pas au pouvoir administratif de dire aux entreprises ce qu’elles doivent faire. Le rôle des pouvoirs publics est de mettre en place l’environnement le plus favorable possible pour qu’un maximum d’initiatives puissent être développées.

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