Nicolas Dupont-Aignan : Politique énergétique

Les projections actuelles montrent que croissance économique et démographique entraîneront mécaniquement un doublement de la demande énergétique mondiale d’ici 2050 (pour atteindre 28 TW de puissance, contre les 14 TW mondiaux aujourd’hui). Par ailleurs, ce doublement de la production énergétique devra s’accompagner d’une diminution des rejets de dioxyde de carbone (CO2), un gaz à effet de serre, afin de ne pas déclencher une crise climatique et environnementale, dans un contexte mondial de raréfaction probable du pétrole et de méfiance vis-à-vis du nucléaire (en Europe notamment).

D’un point de vue purement quantitatif, certaines énergies renouvelables comme le solaire ou l’éolien représentent chacune moins de 1% de la production énergétique française contre environ 30 % pour le nucléaire et 50 % pour les combustibles fossiles (pétrole, gaz naturel, charbon). (source : Ministère de l’Ecologie, du développement durable, des transports et du logement)

>> Faut-il modifier ce mix énergétique et quelles politiques lancerez-vous pour cela ?

Il faut agir dans plusieurs directions en parallèle :

1) Intensifier les recherches

  • dans les matériaux et les technologies pour réduire les coûts de production d’énergie, quelle qu’elle soit, et d’utilisation pas seulement en terme d’argent mais aussi en terme de pollution.
  • dans les sources d’énergie de remplacement, en particulier d’origine naturelle : solaires, maritimes (marées), éoliennes avec en particulier le développement de matériaux recyclables et/ou facilement compostables.
  • dans les matériaux et la sécurité de l’utilisation de l’énergie nucléaire. Ce n’est pas cette énergie qui pose problème mais les conditions de son utilisation, en particulier le manque de formation adéquate pour ses utilisateurs, le manque de rigueur et de contrôle de l’état dans la sécurisation et l’utilisation, le manque de matériaux adaptés pour son stockage.

2) Limiter l’utilisation des énergies fossiles aux domaines où il n’y a pour l’instant pas de remplacement.

3) Ne pas utiliser les ressources alimentaires pour les transformer en ressources énergétiques au détriment des populations.

De plus, ce que ressent la société est très important car cela conditionne l’accueil qu’elle fera aux nouvelles avancées, aux nouveaux programmes. Il est donc fondamental d’éduquer et de former pour faire comprendre le sens des changements et surtout les bonnes pratiques en terme de sécurité.

À l’échelle mondiale, gaz et charbon représentent les 2/3 de l’électricité mondiale. En France, l’électricité est à 75 % d’origine nucléaire, et un débat a actuellement lieu partout en Europe sur cette source d’énergie.

>> Quelle doit être la source majeure d’électricité de demain en France ?

L’énergie nucléaire doit être sécurisée. Un des moyens est qu’elle soit totalement sous contrôle de l’état, que les personnes sur toute la chaine, de la production à l’utilisation, soient formées en conséquence, en particulier sur les questions de sécurité, et que les recherches sur les matériaux pour la production, l’utilisation et le stockage soient intensifiées.

Quatre autres types d’énergie doivent être explorés en parallèle : le solaire, l’énergie provenant des forces motrices de la nature, c’est-à-dire les marées et les forces éoliennes. La quatrième voie est d’explorer tous les matériaux pouvant servir ou donner des piles à combustibles.

La France est incontestablement l’un des leaders mondiaux dans le nucléaire, mais est plus en retrait sur des domaines porteurs comme le solaire (par exemple). Cette avance sur le nucléaire est en grande partie due à des investissements massifs de l’État.

>> Quel plan de recherche et de développement envisagez-vous en matière d’énergie ? Comment voyez-vous les rôles de grands acteurs traditionnels publics comme privés (Commissariat à l’Energie Atomique, Electricité De France, …) ?

Les connaissances que nous avons sur toutes sources d’énergie, sur leur utilisation, sur leur stockage, sur leur recyclage sont limitées. Bientôt, nous arriverons au taquet de la connaissance nécessaire pour créer des innovations dans ces domaines si nous ne favorisons pas la recherche à tâtons dans l’obscurité que constitue la recherche publique. Il y a en effet dans ce domaine beaucoup de questions auxquelles les recherches sur projets ne sont pas capables de répondre car trop focalisées.

Les ressources énergétiques et leur prix ont de toute évidence façonné notre mode de vie et notre économie. Par exemple, le développement de l’automobile n’aurait pas été possible sans un pétrole relativement peu cher.

>> Comment conserver une énergie bon marché et aussi propre que possible ?

Nicolas Dupont-Aignan n’a pas répondu spécifiquement à cette question.

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