Votons pour la science

Parlons d'avenir. Parlons de science.

Nicolas Dupont-Aignan

Nicolas Dupont-Aignan : Mini bio et équipe de campagne

Nicolas Dupont-Aignan, diplômé en droit ainsi qu’en gestion, est un ancien élève de Sciences Po Paris et de l’ENA. Sa carrière de haut-fonctionnaire l’a mené au ministère de l’Éducation nationale, où il a été chef de cabinet puis conseiller technique, et au ministère de l’Environnement où il a été conseiller technique pour l’emploi, l’écologie urbaine et le bruit. Maire de Yerres (Essonne) depuis 1995 et député depuis 1997, il préside le parti Debout la République, qu’il représente à l’élection présidentielle.

Au sein de Debout la république, le cancérologue François Morvan est délégué national à la santé et à la recherche, tandis qu’Henri Temple, enseignant-chercheur en droit, est délégué national aux affaires étrangères et à l’enseignement supérieur.

 

Ajouter un commentaire

Nicolas Dupont-Aignan : « Modes de décision » en matière scientifique et familiarité avec la science

L’agenda scientifique et politique se construit à partir de sujets médiatiques, enjeux émergents, questionnements propres à la culture du parti et exercices de prospective stratégique.

>> En ce qui vous concerne, comment définissez-vous les sujets à traiter en priorité en matière de science et technologie ?

>> À partir de quoi construisez-vous vos positions et propositions sur les sujets à caractère scientifique ? Vous reposez-vous sur une culture ou formation personnelles, sur la presse spécialisée, sur les médias traditionnels, sur des conseillers spécialisés (précisez leur parcours), sur un dialogue direct avec des scientifiques, sur l’opinion publique, sur les rapports d’experts, sur les arguments d’associations ou entreprises ?

Mon groupe d’experts inclut des chercheurs et enseignants en contact régulier et privilégié avec les syndicats de l’enseignement supérieur et de la recherche, les associations de défense de la recherche et de l’université, les différents organismes de recherche, des chercheurs, des enseignants, le secteur industriel (grands groupes, PME, PMI), les pôles de compétitivité, les laboratoires, les projets européens, les écoles doctorales, les écoles d’ingénieurs, des collèges et lycées, des associations de parents, d’étudiants, etc. bref l’ensemble des acteurs.

>> Qu’attendez-vous comme type d’information pour commencer à former une politique : des conclusions définitives, une vue d’ensemble de la situation, des pour et contre… ?

D’une part, des retours sur la situation telle qu’elle est vécue et/ou perçue par les différents acteurs, sur les dérives, les souffrances, les situations et aussi sur les bons aspects, s’ils existent, ainsi que sur les améliorations à apporter.

D’autre part, une vue d’ensemble de la situation dans son contexte national, européen, international et sur l’historique de la situation.

>> Comment décririez vous le rapport entre le monde de la science et celui de l’action publique ? Avez-vous suffisamment accès aux informations nécessaires voire au acteurs concernés ? Que proposeriez vous pour faire évoluer ce rapport ?

Il est très difficile pour un acteur de la science de s’engager comme ou auprès d’un acteur publique sans être déconsidéré comme scientifique. Le rapport entre les deux domaines est donc la plupart du temps lié à un engagement politique fort pour faire passer un message. Pour faire évaluer ce rapport il est important d’une part de revaloriser le métier de chercheur pour qu’il ne soit plus déconsidéré dans la sphère publique et d’autre part sortir du monopole syndical pour que l’éventail syndical soit plus large, donc de fait moins politisé, pour permettre à chacun de se syndiquer et de faire remonter démocratiquement les revendications des différentes professions.

Ajouter un commentaire

Nicolas Dupont-Aignan : Politique énergétique

Les projections actuelles montrent que croissance économique et démographique entraîneront mécaniquement un doublement de la demande énergétique mondiale d’ici 2050 (pour atteindre 28 TW de puissance, contre les 14 TW mondiaux aujourd’hui). Par ailleurs, ce doublement de la production énergétique devra s’accompagner d’une diminution des rejets de dioxyde de carbone (CO2), un gaz à effet de serre, afin de ne pas déclencher une crise climatique et environnementale, dans un contexte mondial de raréfaction probable du pétrole et de méfiance vis-à-vis du nucléaire (en Europe notamment).

D’un point de vue purement quantitatif, certaines énergies renouvelables comme le solaire ou l’éolien représentent chacune moins de 1% de la production énergétique française contre environ 30 % pour le nucléaire et 50 % pour les combustibles fossiles (pétrole, gaz naturel, charbon). (source : Ministère de l’Ecologie, du développement durable, des transports et du logement)

>> Faut-il modifier ce mix énergétique et quelles politiques lancerez-vous pour cela ?

Il faut agir dans plusieurs directions en parallèle :

1) Intensifier les recherches

  • dans les matériaux et les technologies pour réduire les coûts de production d’énergie, quelle qu’elle soit, et d’utilisation pas seulement en terme d’argent mais aussi en terme de pollution.
  • dans les sources d’énergie de remplacement, en particulier d’origine naturelle : solaires, maritimes (marées), éoliennes avec en particulier le développement de matériaux recyclables et/ou facilement compostables.
  • dans les matériaux et la sécurité de l’utilisation de l’énergie nucléaire. Ce n’est pas cette énergie qui pose problème mais les conditions de son utilisation, en particulier le manque de formation adéquate pour ses utilisateurs, le manque de rigueur et de contrôle de l’état dans la sécurisation et l’utilisation, le manque de matériaux adaptés pour son stockage.

2) Limiter l’utilisation des énergies fossiles aux domaines où il n’y a pour l’instant pas de remplacement.

3) Ne pas utiliser les ressources alimentaires pour les transformer en ressources énergétiques au détriment des populations.

De plus, ce que ressent la société est très important car cela conditionne l’accueil qu’elle fera aux nouvelles avancées, aux nouveaux programmes. Il est donc fondamental d’éduquer et de former pour faire comprendre le sens des changements et surtout les bonnes pratiques en terme de sécurité.

À l’échelle mondiale, gaz et charbon représentent les 2/3 de l’électricité mondiale. En France, l’électricité est à 75 % d’origine nucléaire, et un débat a actuellement lieu partout en Europe sur cette source d’énergie.

>> Quelle doit être la source majeure d’électricité de demain en France ?

L’énergie nucléaire doit être sécurisée. Un des moyens est qu’elle soit totalement sous contrôle de l’état, que les personnes sur toute la chaine, de la production à l’utilisation, soient formées en conséquence, en particulier sur les questions de sécurité, et que les recherches sur les matériaux pour la production, l’utilisation et le stockage soient intensifiées.

Quatre autres types d’énergie doivent être explorés en parallèle : le solaire, l’énergie provenant des forces motrices de la nature, c’est-à-dire les marées et les forces éoliennes. La quatrième voie est d’explorer tous les matériaux pouvant servir ou donner des piles à combustibles.

La France est incontestablement l’un des leaders mondiaux dans le nucléaire, mais est plus en retrait sur des domaines porteurs comme le solaire (par exemple). Cette avance sur le nucléaire est en grande partie due à des investissements massifs de l’État.

>> Quel plan de recherche et de développement envisagez-vous en matière d’énergie ? Comment voyez-vous les rôles de grands acteurs traditionnels publics comme privés (Commissariat à l’Energie Atomique, Electricité De France, …) ?

Les connaissances que nous avons sur toutes sources d’énergie, sur leur utilisation, sur leur stockage, sur leur recyclage sont limitées. Bientôt, nous arriverons au taquet de la connaissance nécessaire pour créer des innovations dans ces domaines si nous ne favorisons pas la recherche à tâtons dans l’obscurité que constitue la recherche publique. Il y a en effet dans ce domaine beaucoup de questions auxquelles les recherches sur projets ne sont pas capables de répondre car trop focalisées.

Les ressources énergétiques et leur prix ont de toute évidence façonné notre mode de vie et notre économie. Par exemple, le développement de l’automobile n’aurait pas été possible sans un pétrole relativement peu cher.

>> Comment conserver une énergie bon marché et aussi propre que possible ?

Nicolas Dupont-Aignan n’a pas répondu spécifiquement à cette question.

Ajouter un commentaire

Nicolas Dupont-Aignan : Innovation et R&D

L’innovation scientifique est sans aucun doute l’une des clés des investissements d’avenir. Les recherches d’aujourd’hui sont les TGV et les Airbus de demain, pourvoyeurs de croissance sur le long terme. 

Les dépenses de Recherche et Développement, comptées en part du PIB, ont atteint leur pic en 1993 (2.4 %), puis elles ont baissé fortement entre 2002 et 2007 et pourraient même être descendues sous les 2% selon certains instituts étrangers (sources : Sénat, 2011 GlobalR&DFundingForecast pour les chiffres 2010). La France est bien loin des Etats-Unis, du Japon, de l’Allemagne, de la Suisse ou encore de la Corée du Sud en part du PIB consacré à la R&D, et les objectifs européens pris en 2000 d’une part de 3% du PIB consacré à la recherche en 2010 n’ont jamais été réalisés. 

>> Quelle politique suivrez-vous pour enrayer ce déclin ?

Il faut stimuler les bons élèves à choisir les métiers scientifiques. La seule solution est de valoriser ces métiers dans la société et par les salaires et en favorisant la vocation (distinction entre recherche et enseignement).

Certains géants mondiaux d’aujourd’hui dans les nouvelles technologies comme Facebook et Google sont nés de PME. Or en France, la R&D est principalement le fait de très grandes entreprises (voir par exemple http://www.inventioneurope.com/Article626999.htm).

>> Comment faire en sorte que la France puisse développer un tissu de PME technologiques ?

Nicolas Dupont-Aignan n’a pas répondu spécifiquement à cette question.

>> Quel doit être le rôle des universités dans l’innovation ? Les entreprises doivent-elles être le lieu de la R&D, ou doivent-elles préférentiellement financer la recherche (bourses, matériel …)  pour qu’elle soit faite à l’université ?

Les pôles de compétitivité ont permis de débuter une dynamique de partenariat entre tous les acteurs. Cette dynamique doit être renforcée par des passerelles entre les acteurs de la recherche, les entreprises et les acteurs de l’enseignement, mais dans des rôles bien définis et complémentaires.

L’ANR doit être remplacée par une Agence de R&D à l’intérieur des organismes de recherche, avec pour missions de soutenir les initiatives des laboratoires et de contrôler les aides publiques accordées aux entreprises faisant un effort de recherche comme en particulier le Crédit Impôt Recherche. Les financements de cette nouvelle agence dépendant des organismes de recherche ne doivent pas être effectués à la place des crédits donnés aux laboratoires ou des salaires. Cette Agence de R&D doit être une source de financement après évaluation nationale pour des projets de recherche supplémentaires. La possibilité est donc conservée de financer des recherches sur projets pour inciter l’invention et l’innovation.

Cependant, cette recherche doit être complémentaire mais en aucun cas se substituer à la recherche « à tâtons dans l’obscurité ».

L’enseignement et la recherche doivent être distincts, tant dans les carrières que dans les évaluations. Les organismes doivent retrouver leur rôle fondamental d’organisation de la recherche, au service de l’Etat, regroupant les instituts créés récemment par thématiques, en leur redonnant la gestion de l’activité de recherche des laboratoires et des personnels.

L’université doit avoir un rôle important dans la transmission de la connaissance mais ne doit pas exclure toutes les autres composantes de notre système national d’enseignement supérieur qui lui sont complémentaires, comme les IUT et les grandes écoles. La loi d’autonomie (LRU) doit par conséquent être complètement revue, en particulier en supprimant la mission 5 concernant l’Europe, en réduisant le rôle de son président et de son conseil d’administration à une dimension raisonnable et démocratique.

Les Ecoles Doctorales doivent avoir un rôle très important dans ce partenariat entre les établissements d’enseignement supérieur et les organismes de recherche par l’intermédiaire des laboratoires de recherche.

Enfin, il est essentiel d’établir des passerelles entre entreprises, laboratoires et établissements d’enseignement de façon à instaurer la confiance réciproque par la connaissance mutuelle. Par exemple, après évaluation des commissions concernées, ouvrir l’enseignement et la recherche publique, à des chercheurs industriels d’une entreprise privée souhaitant être en détachement temporaire dans le public.

Réciproquement, ouvrir, sur évaluation par les commissions concernées, un détachement temporaire d’enseignement ou de Recherche & Développement en entreprise à un ingénieur ou un chercheur du public.

De plus en plus, l’innovation est le fruit d’initiatives décentralisées qui impliquent une succession d’essais/erreurs pour que certaines parviennent au succès.

>> Comment concilier cette vision avec l’action des pouvoirs publics ?

Les chercheurs et les enseignants doivent être fonctionnaires, avec des grilles de salaires identiques, la proportion de ces deux activités, enseignement et recherche, devant être au choix au cours de la carrière après évaluation. L’évaluation doit procéder de façon similaire aux évaluations des EPST (rapport biennal, quadriennal et feuille annuelle très détaillée de l’ensemble de l’activité). Faire une évaluation distincte de l’enseignement et de la recherche. Le système de primes doit être supprimé afin de retrouver l’esprit d’équipe de la recherche. A la place, une réévaluation des salaires doit être instaurée pour atteindre des niveaux européens. La légion d’honneur doit être donnée aux lauréats français du prix Nobel et de la médaille Fields.

Ajouter un commentaire

Nicolas Dupont-Aignan : Éducation et culture scientifique

La comparaison de la France avec les autres pays est peu élogieuse. Légèrement au-dessus de la moyenne des pays de l’OCDE en termes de moyens (mais ne tenant pas la comparaison avec l’Autriche, les Etats-Unis, les pays nordiques et le Japon en particulier) [source : Regards sur l’éducation 2011: Les indicateurs de l’OCDE] mais en réel retard en termes de résultats (étude PISA, classement des universités de Shangaï), l’éducation scientifique française, du primaire jusqu’au supérieur n’est pas, et de loin, un modèle sur le plan international. De plus, d’importantes disparités existent :

  • Entre matières : les mathématiques restent la matière de « l’excellence ». Par exemple, au collège, l’ensemble de l’enseignement scientifique hors mathématiques se partage le même volume horaire que le sport. Et au lycée, les sciences physiques et les SVT voient leur volume horaire diminuer fortement avec la réforme du lycée.
  • Entre filière : les moyens financiers par an et par étudiant sont beaucoup plus importants en classe préparatoire (14 850 euros par an et par étudiant) et en BTS (13 730 euros par an et par étudiant) qu’à l’université (10 220 euros par an et par étudiant, en y incorporant les filières IUT, mieux dotées que les cursus LMD classiques), parent pauvre de l’enseignement supérieur.

Enfin l’érosion des inscriptions en filières scientifiques viennent clore ce constat préoccupant.

>> Quels objectifs doit se fixer la France en terme d’enseignement scientifique : classements internationaux par classe d’âge (Etudes du type PISA), effectifs et accessibilité du supérieur ? Quelles sont d’après vous les idées directrices à suivre pour y parvenir ?

On ne peut pas faire de tous des bacheliers ou des médecins mais tous doivent pouvoir accéder au savoir qui rend libre. Chacun doit pouvoir développer le génie qui lui est propre et ce génie doit avoir sa place dans le puzzle qu’est une société. Concernant l’enseignement scientifique, il est important de revaloriser les métiers scientifiques, en particulier celui de chercheur qui est discrédité même au plus haut niveau de l’Etat. C’est inconcevable.

Il faut des chercheurs et des enseignants dédiés. Par conséquent, il faut constamment donner le choix à la vocation, pas à la rémunération de l’activité de recherche ou d’enseignement, ou du mélange des deux, tout au long de la carrière, après évaluation.

Il faut garder le service à l’Etat avec des salaires compétitifs par rapport aux autres pays européens.

>> Les inégalités entre filières (université / classes préparatoires par exemple) ou entre matières (mathématiques / biologie par exemple) sont-elles pour vous préoccupantes, et faut-il chercher à les gommer ? Quels moyens pour y parvenir (investissements publics, privés, modification des frais de scolarité, …) ?

Notre pays possède un système d’enseignement supérieur complexe : université, écoles d’ingénieurs de différents types avec et sans classes préparatoires, IUT, etc. Ces différentes composantes ont des missions propres et complémentaires qui doivent être clairement identifiées et respectées.

>> Plus généralement, quelles sont pour vous les bases nécessaires à un citoyen pour donner un avis éclairé, en terme de raisonnement et de culture scientifique ? Comment former et informer les citoyens une fois sortis du système éducatif ? Le service public audiovisuel, très pauvre en contenu spécifiquement axé vers les sciences, a-t-il un rôle à jouer et comment ?

Dans l’audiovisuel, il est fondamental d’avoir des journalistes scientifiques formés pour parler de faits et pas de politique, par conséquent en toute objectivité, ce qui n’est pas le cas à 90% actuellement.

La télévision est particulièrement efficace en termes d’éducation, bonne ou mauvaise d’ailleurs. Avec les journaux, c’est la source d’accès à l’information de beaucoup de personnes âgées.

Dans ce rôle des média, les pays nordiques nous donnent de très bons exemples :
Sur la page d’accueil de grands média suédois, il y a toujours un encart consacré à une avancée ou une information concernant les sciences.
En 1967, lorsque l’État suédois a changé la conduite de gauche à droite, ceci fut précédé par une intense campagne télévisée durant laquelle tous les soirs, pendant 5-10 minutes étaient expliquées les raisons de ce changement, les étapes mais aussi était dispensée une formation au code de la route et à tous les risques de la conduite. Le passage se fit sans problèmes, très rapidement, et surtout le nombre de morts sur les routes a fortement diminué depuis.

Dans un monde de plus en plus complexe et technologique, les citoyens sont bombardés d’offres basées sur un argumentaire scientifique. Certains en profitent et voguent sur ces tendances pour tirer parti de consommateurs peu informés ou en situation de faiblesse, occasionnant au mieux une perte économique, au pire des dommages sur la santé. Le rapport 2010 de la MIVILUDES pointe par exemple les dérives des médecines alternatives dans le traitement du cancer (Rapport annuel au premier ministre 2010, p.129).

>> Dans quelle mesure l’état doit s’impliquer dans la lutte contre ces dérives ? L’éducation scientifique des citoyens est-elle un levier d’action dans ce domaine ?

Pousser les chercheurs et les enseignants à faire de la vulgarisation, de la diffusion scientifique auprès de la population : formations, exposés, circulaires, débats, documents, etc. Que ce service à la société soit reconnu dans les CV et les évaluations, voir récompensé. Il faut impliquer tous les niveaux de l’Etat, la commune, la région.

Mais il ne faut pas comme dans certains parcs ou émissions télévisées ridiculiser le scientifique et ses recherches. Au contraire, de bons exemples ont déjà existé comme « La vie », « Ma petite planète chérie » ou « C’est pas sorcier ».

Ajouter un commentaire

Nicolas Dupont-Aignan : Régulation des technologies et organisation de l’expertise

OGM, téléphonie mobile, pesticides… et maintenant nanotechnologies, nombreuses sont les polémiques impliquant les sciences et les techniques, et sur lesquelles le principe de précaution désormais inscrit dans la Constitution semble offrir bien peu de prise.

>> Allez-vous chercher à lever les incertitudes scientifiques qui pèsent sur ces technologies controversées, ou préférez-vous donner priorité à l’innovation ? Êtes-vous prêt(e) à contribuer à une réforme des systèmes d’expertise français et européen, souvent mis en cause ? A organiser un débat public à ce sujet ?

Un institut, dans le service de l’Etat, devrait être dédié aux recherches sur les risques sanitaires et environnementaux sur l’ensemble des découvertes et inventions afin de développer un recul sur toutes les avancées scientifiques.

D’autre part, s’il est fondamental d’informer la société dans son ensemble sur les sujets scientifiques et technologiques de plus en plus complexes, les décisions ne peuvent être prises sur référendum ou débat public mais par des commissions d’experts. Ces commissions d’experts doivent tenir compte des inquiétudes et manques d’informations de la société et y répondre soit en modifiant les décisions soit en intensifiant l’information.

Les nanotechnologies sont porteuses de formidables promesses dans de nombreux domaines. Elles font l’objet d’un soutien massif dans le monde. La France n’est pas en reste avec 70 millions d’euros alloués à ce thème de recherche en 2009 dans le cadre du plan NanoInnov tout comme une part importante des 8 milliards d’euros attribués à la recherche dans le cadre des investissements d’avenir

>> Contribuerez-vous à soutenir le développement des nanotechnologies ? Etant donné la diversité des disciplines et des champs d’application concernés, ne trouvez-vous pas que ce soutien aux nanotechnologies, au travers de programmes de recherche dédiés à l’ANR par exemple, devrait être accompagnée d’une réelle vision politique pour la recherche ?

>> Comment envisagez-vous la gestion des risques sanitaires et environnementaux des nanotechnologies (effet sanitaire de certains nanotubes analogue à celui de l’amianteimpact environnemental d’un largage massif de nanoparticules d’argent antibactériennes) dont certains sont déjà étayés par plusieurs études ? Quelle est votre position face aux demandes de moratoire émanant de certaines associations ?

Oui. Toute avancée scientifique ou technologique comporte en elle un risque par les dérives qui peuvent en découler. Les nanotechnologies, comme le nucléaire font partie des domaines qui peuvent apporter beaucoup mais sur lesquels la connaissance doit être augmentée et sur lesquels des questions spécifiques d’utilisation doivent être résolues par des projets dédiés.

Le débat public sur les nanotechnologies qui s’est déroulé en 2009-2010 a fait l’objet de nombreuses critiques. L’une d’elle tient au fait que la Commission Nationale du Débat Public, étant donné la complexité du sujet, a dû avant tout assurer une mission d’information, donnant une large place à la vulgarisation, réduisant d’autant le temps de débat proprement dit.

>> Ne peut-on mieux articuler information et débat, en mobilisant l’audiovisuel public, par exemple ? Quel regard portez-vous sur internet dans ces débats : s’agit-il plutôt d’un outil d’information ou de désinformation ?

Un débat est efficace s’il est organisé avec des experts qui savent de quoi ils parlent et si l’arbitre du débat a la formation suffisante pour relayer les bonnes questions et surtout s’il est objectif. Nous revenons au journaliste scientifique formé en conséquence et objectif.

Cependant, un expert, du fait de l’état de la connaissance du moment, peut être rassurant en toute objectivité et finalement être mis en erreur plus tard si une découverte survient. Ce fut le cas d’Einstein qui réalisa l’impact de ses découvertes et fit campagne contre la bombe ensuite.

La solution est encore une fois d ’intensifier la recherche à tâtons dans l’obscurité sous contrôle de l’Etat pour faire accroitre la connaissance qui sera source de savoir pour l’enseignement et source d’inventions pour l’innovation.

Ajouter un commentaire