Nathalie Arthaud : Politique énergétique

Les projections actuelles montrent que croissance économique et démographique entraîneront mécaniquement un doublement de la demande énergétique mondiale d’ici 2050 (pour atteindre 28 TW de puissance, contre les 14 TW mondiaux aujourd’hui). Par ailleurs, ce doublement de la production énergétique devra s’accompagner d’une diminution des rejets de dioxyde de carbone (CO2), un gaz à effet de serre, afin de ne pas déclencher une crise climatique et environnementale, dans un contexte mondial de raréfaction probable du pétrole et de méfiance vis-à-vis du nucléaire (en Europe notamment).

D’un point de vue purement quantitatif, certaines énergies renouvelables comme le solaire ou l’éolien représentent chacune moins de 1% de la production énergétique française contre environ 30 % pour le nucléaire et 50 % pour les combustibles fossiles (pétrole, gaz naturel, charbon). (source : Ministère de l’Ecologie, du développement durable, des transports et du logement)

>> Faut-il modifier ce mix énergétique et quelles politiques lancerez-vous pour cela ?

À l’échelle mondiale, gaz et charbon représentent les 2/3 de l’électricité mondiale. En France, l’électricité est à 75 % d’origine nucléaire, et un débat a actuellement lieu partout en Europe sur cette source d’énergie.

>> Quelle doit être la source majeure d’électricité de demain en France ?

La France est incontestablement l’un des leaders mondiaux dans le nucléaire, mais est plus en retrait sur des domaines porteurs comme le solaire (par exemple). Cette avance sur le nucléaire est en grande partie due à des investissements massifs de l’État.

>> Quel plan de recherche et de développement envisagez-vous en matière d’énergie ? Comment voyez-vous les rôles de grands acteurs traditionnels publics comme privés (Commissariat à l’Energie Atomique, Electricité De France, …) ?

Les ressources énergétiques et leur prix ont de toute évidence façonné notre mode de vie et notre économie. Par exemple, le développement de l’automobile n’aurait pas été possible sans un pétrole relativement peu cher.

>> Comment conserver une énergie bon marché et aussi propre que possible ?

La première des réponses à cette question est si évidente qu’aucun des « grands » candidats (qui vouent tous un respect sacro-saint à l’organisation sociale actuelle) ne la formulera jamais : pour qu’elle soit bon marché, il faut que l’énergie devienne un service public, vendu à prix coûtant. Il n’y a aucune justification à ce que chaque litre de pétrole, chaque mètre cube de gaz ou chaque watt d’électricité soit l’occasion de rétribuer des actionnaires qui n’ont aucune autre utilité sociale que de gaspiller les sommes ainsi captées dans des caprices de millionnaires. De la même manière, il n’existe aucune justification à ce que l’énergie soit frappée d’impôts indirects – les plus iniques qui soient – et qu’un salarié, pour aller travailler et suer des profits pour son employeur, doive également abandonner une partie de ses gains à l’Etat sous forme de taxes.

Pour le reste, je n’ai aucune opinion particulière sur telle ou telle technologie, sur ses avantages et sur ses risques. Je ne me prononce par exemple ni en faveur de la sortie du nucléaire, ni en faveur du maintien de cette filière. Cette question devrait être tranchée par un débat rationnel, pesant en toute clarté les avantages et inconvénients techniques et humains du nucléaire et des solutions alternatives. Mais c’est précisément d’un tel débat dont la société actuelle est incapable. Car derrière chaque technologie, il y a des intérêts privés qui dissimulent des faits ou les travestissent, voire mentent effrontément, en payant des laboratoires et des scientifiques pour les défendre face aux concurrents et façonner l’opinion publique. Mais si je n’ai donc pas d’opinion en matière de choix énergétiques, en revanche j’en ai une en matière d’organisation sociale ; c’est uniquement en sortant du capitalisme que la société humaine pourra enfin procéder consciemment et librement à ses choix techniques et scientifiques. C’est également le renversement de cette organisation sociale rétrograde qui, en mettant fin aux crises età la pauvreté, et en permettant un développement et une éducation sur une échelle jamais vus jusqu’alors, démultipliera les possibilités de recherche scientifique désintéressée et au service de l’ensemble de la collectivité.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>