Nathalie Arthaud : « Modes de décision » en matière scientifique et familiarité avec la science

L’agenda scientifique et politique se construit à partir de sujets médiatiques, enjeux émergents, questionnements propres à la culture du parti et exercices de prospective stratégique.

>> En ce qui vous concerne, comment définissez-vous les sujets à traiter en priorité en matière de science et technologie ?

>> À partir de quoi construisez-vous vos positions et propositions sur les sujets à caractère scientifique ? Vous reposez-vous sur une culture ou formation personnelles, sur la presse spécialisée, sur les médias traditionnels, sur des conseillers spécialisés (précisez leur parcours), sur un dialogue direct avec des scientifiques, sur l’opinion publique, sur les rapports d’experts, sur les arguments d’associations ou entreprises ?

>> Qu’attendez-vous comme type d’information pour commencer à former une politique : des conclusions définitives, une vue d’ensemble de la situation, des pour et contre… ?

>> Comment décririez vous le rapport entre le monde de la science et celui de l’action publique ? Avez-vous suffisamment accès aux informations nécessaires voire au acteurs concernés ? Que proposeriez vous pour faire évoluer ce rapport ?

Est-il besoin de rappeler que je ne me présente pas à la présidence d’un organisme de recherche ou d’une université, mais aux élections présidentielles ? Je n’ai ni la vocation, ni la compétence pour énoncer quels seraient les voies les plus prometteuses en matière de recherche en matière de science et de technique. Celles-ci devraient pouvoir être définies en toute démocratie par l’ensemble de la population, éclairée par les avis au besoin contradictoires des experts. Mais c’est là que le bât blesse.

Dans notre société, la science, comme toutes les activités humaines, est subordonnée à la loi de l’argent, c’est-à-dire de la recherche du profit privé. Même lorsqu’elle se veut publique, la recherche scientifique demeure au service de ces intérêts privés. Voilà pourquoi la recherche militaire engloutit une part considérable des budgets et des cerveaux, ou que l’on consacre bien plus d’efforts à inventer de nouvelles crèmes anti-rides qu’à soigner le paludisme. Les prétendus débats « démocratiques » censés décider les choix scientifiques ou énergétiques ne sont que des simulacres, dont le seul objet est de dissimuler le fait que les décisions réelles sont prises dans le cercle étroit et confiné des conseils d’administration de quelques grands groupes de l’armement ou de l’énergie, et ce quelle que soit la couleur politique du parti au pouvoir.

Mon programme politique, le programme communiste, ne consiste pas à dicter leurs orientations à la science ou à la technique, mais précisément à les libérer, comme l’ensemble de la société, de la dictature de l’argent, et à placer leur développement sous un contrôle réel de l’ensemble de la population.

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