Marine Le Pen : Éducation et culture scientifique

La comparaison de la France avec les autres pays est peu élogieuse. Légèrement au-dessus de la moyenne des pays de l’OCDE en termes de moyens (mais ne tenant pas la comparaison avec l’Autriche, les Etats-Unis, les pays nordiques et le Japon en particulier) [source : Regards sur l’éducation 2011: Les indicateurs de l’OCDE] mais en réel retard en termes de résultats (étude PISA, classement des universités de Shangaï), l’éducation scientifique française, du primaire jusqu’au supérieur n’est pas, et de loin, un modèle sur le plan international. De plus, d’importantes disparités existent :

  • Entre matières : les mathématiques restent la matière de « l’excellence ». Par exemple, au collège, l’ensemble de l’enseignement scientifique hors mathématiques se partage le même volume horaire que le sport. Et au lycée, les sciences physiques et les SVT voient leur volume horaire diminuer fortement avec la réforme du lycée.
  • Entre filière : les moyens financiers par an et par étudiant sont beaucoup plus importants en classe préparatoire (14 850 euros par an et par étudiant) et en BTS (13 730 euros par an et par étudiant) qu’à l’université (10 220 euros par an et par étudiant, en y incorporant les filières IUT, mieux dotées que les cursus LMD classiques), parent pauvre de l’enseignement supérieur.

Enfin l’érosion des inscriptions en filières scientifiques viennent clore ce constat préoccupant.

>> Quels objectifs doit se fixer la France en terme d’enseignement scientifique : classements internationaux par classe d’âge (Etudes du type PISA), effectifs et accessibilité du supérieur ? Quelles sont d’après vous les idées directrices à suivre pour y parvenir ?

Nous avons en France un système très particulier que l’on pourrait en première approche qualifier de système à deux vitesses. D’un côté un système assis sur des filières sélectives (classes préparatoires aux grandes écoles, grandes écoles, filières universitaires techniques et professionnelles type BTS, DUT, IUT, – filières initialement destinées aux élèves du technique mais qui par dénaturation et effet logique de lutte pour la vie ont fini par être accaparées par les élèves issus des filières générales), et de l’autre système construit sur des filières non sélectives (université), ouvertes à tous et gratuites. Les premières sont payantes, qualifiantes, formatrices, extrêmement  attractives, mais en même temps réellement sélectives ; les places y sont chères, mais elles donnent lieu à des emplois souvent sûrs, relativement bien payés ; les autres sont effectivement ouvertes à tous, sans critères quasiment de concurrence au départ, sans critère d’excellence à l’entrée. Du moment qu’on a son baccalauréat  – et ici, on retrouve la question fondamentale du baccalauréat conçu à la fois comme titre de fin de cursus censé valider la fin de parcours dans le cycle secondaire et comme grade universitaire, le premier de la hiérarchie des titres universitaires très précisément, celui qui permet d’entrer à l’université – on est sûr de pouvoir entrer à l’université.

Il faut savoir ce qu’on veut. Il est clair que dans une logique de redressement national, dans le cadre d’une politique de retour à la souveraineté, dans le cadre d’un projet de reprise en main de nos appareils d’État, il va nous falloir mettre en place des politiques d’excellence qui nécessairement supposeront de revoir notamment la question de l’orientation et de la sélection.  A l’université bien sûr tant il est vrai que le système ne pourra pas continuer longtemps à produire ainsi de la fausse monnaie universitaire. Mais aussi plus généralement peut-être dans les classes préparatoires et dans les grandes écoles. Même si celles-ci continuent aujourd’hui  de plutôt bien fonctionner – encore qu’il y aurait beaucoup à dire pour certaines d’entre elles – même si la plupart d’entre elles continuent à l’évidence à produire des éléments de qualité, force est de constater que nombre d’entre elles ont tendance à enfermer les élèves dans des parcours tous faits, au détriment tant de leur épanouissement intellectuel, culturel et scientifique, que de leur épanouissement personnel et professionnel. Grosso modo, on sait bien que celui qui sort aujourd’hui de Centrale ou de Polytechnique va passer sa vie dans le développement de telle filière dans la distribution de l’électricité ou dans l’amélioration des transports ferroviaires, mais sa carrière est quasiment tracée à vie.

Cela n’est ni sain ni normal.  Cela produit en effet un esprit de corps, une élite fermée et sclérosée, suffisante et insuffisante selon le beau mot de Talleyrand. Ce système a été extrêmement préjudiciable à l’harmonie et au développement de la société française. Il a contribué au blocage de notre société en empêchant l’instauration d’une véritable méritocratie et la constitution d’une véritable aristocratie de l’esprit. C’est ce système qui fait qu’aujourd’hui – contrairement à ce qui se produisait il y a un siècle ou deux – et plus encore sous la royauté – les personnes issues de milieux plus modestes ou même éventuellement de l’étranger ne peuvent accéder à des postes à responsabilité en phase avec leur compétence effective et leur talent réel. C’est ce qui fait qu’à l’inverse des gens médiocres et sans imagination qui ne se sont donné d’autre peine que de réussir un concours à vingt ans ont leur carrière toute tracée pour le reste de leur existence et cumuleront indépendamment de leurs résultats et de leur compétence effective postes, honneurs, pompes, gloires et prébendes.

C’est ce système qui fait que les personnes qui passent aujourd’hui par les bancs de l’université ou qui par malheur n’ont pas eu la chance de réussir les concours aux grandes écoles au bon moment ou la bonne année se voient obligés de voyager le reste de leur existence en seconde ou en troisième classe, et de vivre comme dans les entreprises ou les administrations d’Etat comme des cadres de seconde zone, suivant des carrières médiocres et sans fard sans rapport aucun avec celle à laquelle ils auraient pu prétendre s’ils avaient eu ce fameux concours le jour J à l’heure H. Le drame aujourd’hui d’un X ou d’un centralien c’est qu’à 20 ans il a déjà terminé sa carrière grosso modo. Le système a en effet aménagé tout un ensemble de dispositifs pour lui permettre de suivre jusqu’à la retraite sa voie sur l’autoroute de la vie. Ce confort émollient est quadruplement destructeur : il tue le goût du risque, il favorise l’irresponsabilité, il détruit le sens de l’honneur, il anéantit le sens de la virilité. Il fait de l’X ou de l’énarque une sorte de cuistre d’autant plus persuadé qu’il sait tout qu’en réalité il ne sait rien. Il fait de lui un fat et un sot, persuadé qu’il est le meilleur et indispensable à la terre entière. C’est ce qui fait que notre industrie va si mal. Si nous avions à la tête de nos entreprises des Goodyear, des Louis Renault ou des Benz, notre économie se porterait bien. Mais nous avons des Jean-Marie Messier, des Alain Minc et des Louis Dreyfus. C’est que qui fait que nous courons d’échecs industriel en échec industriel et vidons peu à peu la France de son tissu industriel et productif. L’énarque le centralien ou le polytechnicien est persuadé aujourd’hui qu’il est au centre de l’univers et que le monde entier a les yeux rivés sur lui. Il ne conçoit pas que l’on ne célèbre pas matin, midi et soir ses immenses qualités et son talent pharaonique. Il est tout surpris de voir quand il se rend à l’étranger que personne ne sait ce que cela signifie réellement d’être ancien élève de centrale, de l’ENA ou de l’ESSEC.

>> Les inégalités entre filières (université / classes préparatoires par exemple) ou entre matières (mathématiques / biologie par exemple) sont-elles pour vous préoccupantes, et faut-il chercher à les gommer ? Quels moyens pour y parvenir (investissements publics, privés, modification des frais de scolarité, …) ?

Ce sont des matières et des filières différentes, avec des finalités différentes. Le grand drame dans notre pays, c’est que l’on a cassé l’université. Le grand mensonge socialiste et UMP, le grand mensonge du système UMPS, a consisté à vouloir faire croire aux Français que tout le monde avait droit à un diplôme. L’UMPS, par démagogie a laissé ce qui constituait hier nos universités d’élite se transformer en une gigantesque université de masse dans laquelle s’entassent des étudiants sans devenir et sans avenir. LE crime de l’UMPS en cette matière a été de laisser peu à peu l’université s’enfoncer depuis 1981 dans la médiocrité la plus généralisée.

Sortir de ce système nous demander beaucoup d’effort. Cela exigera de nous du sang, de la sueur et des larmes. A l’évidence il ne faut pas casser ce qui marche – grandes écoles, IUT. A l’évidence, il ne faut pas vouloir tout aligner sur un seul système (université comme veulent le faire les gens de la gauche, grandes écoles de commerce comme souhaitent le faire certains membres de la haute bourgeoisie d’affaire). A l’évidence il faut se garder ici comme de la peste des grands projets utopistes qui amèneraient à l’absorption générale des classes préparatoires par l’université ou à l’abolition des filières sélectives… Ces projets utopiques tous teintés d’idéologies plus délétères et dangereuses les unes que les autres se sont toujours heurtés à la réalité et ont toujours conduit à des catastrophes.

Il est vrai qu’il y a un système particulièrement injuste qui fait qu’aujourd’hui on n’a plus même une « reproduction des élites » mais un « clonage des élites ». Aujourd’hui, on est énarque de père en fils, polytechnicien de père en fils. C’est un échec majeur pour le principe méritocratique dont se targuent tant nos prétendus républicains progressistes. C’est la mise en faillite de ce système qui, sous la Royauté, l’Empire puis la Troisième République naissante permettait en amont la détection des talents, au milieu la promotion vers les écoles d’instituteur ou les lycées des villes de province, puis par capillarité vers les grands centres de formation qu’étaient les grands lycées parisiens. C’est ce système qui permettait jadis de détecter dès le plus jeune âge les talents et les compétences,  de les aider au moyen de bourses, de les orienter vers les établissements d’élite, de les récompenser via l’octroi de récompenses, de citations au tableau d’honneur, et in fine de faire fonctionner une réelle méritocratie qui permette au paysan du fin fond de la Creuse, au fils d’ouvrier issu des forges du Nord ou de la Lorraine… de finir à Polytechnique ou d’obtenir une thèse de doctorat.

Quels sont les moyens pour y parvenir ? Modifier les frais de scolarité — je suis résolument contre. Ce serait entrer dans une logique de financiarisation du savoir à laquelle je m’oppose résolument. Ce serait entrer dans une logique oligarchique à l’anglo-saxonne où seuls les plus aisés ont le droit de faire des études. Or c’est précisément ce modèle qui est en train de détruire à grande vitesse notre système de formation des élites et notre méritocratie à la française. C’est un système qu’il faut combattre avec force et résolution.

La vraie solution passe au contraire par un rétablissement de la méritocratie et l’abrogation de la loi de l’argent qui fait que l’on ne peut réussir que si l’on est bien né.

Je me battrai résolument pour que les frais de scolarité demeurent à un niveau raisonnable dans les grandes écoles. Je me battrai pour que les droits d’inscription à l’université demeurent extrêmement bas de manière à ce que toute personne qui le peut, le souhaite et le mérite — quelle que soit sa condition sociale — puisse accéder à l’enseignement supérieur. Il ne s’agit pas de dire que tout individu est nécessairement fait pour faire un bac +5, mais de permettre à tous ceux qui en ont le talent ou les capacités d’aller aussi loin que possible. Je me battrai parallèlement pour revaloriser les filières courtes, via le renforcement de l’apprentissage. C’est là en effet l’une des clés pour éviter précisément de subir l’engorgement universitaire que nous connaissons aujourd’hui après le baccalauréat. Je me battrai enfin pour rétablir le baccalauréat dans sa mission sélective et d’orientation, de manière à ce que les mentions soient des vraies mentions et qu’on arrête d’avoir un baccalauréat bradé comme c’est le cas depuis 20 ans.

>> Plus généralement, quelles sont pour vous les bases nécessaires à un citoyen pour donner un avis éclairé, en terme de raisonnement et de culture scientifique ? Comment former et informer les citoyens une fois sortis du système éducatif ? Le service public audiovisuel, très pauvre en contenu spécifiquement axé vers les sciences, a-t-il un rôle à jouer et comment ?

On disait dans les années 1910-1920, époque où 1% d’une classe d’âge obtenait le baccalauréat, que le baccalauréat était ce qui permettait justement de former un honnête citoyen c’est-à-dire quelqu’un qui sache ouvrir le journal et comprendre ce qu’il lisait quel que fût le sujet traité. On en est très loin aujourd’hui. La révolution de mai 68 est passé par là et avec elle, l’entrée dans l’ère de la décivilisation selon le beau mot de Renaud Camus ou encore de ce que l’on pourrait appeler en termes plus sociologiques et anthropologiques l’ère de l’abrutissement collectif. Nous devons sortir précisément du système de décervelage et de développement d’un comportement moutonnier et grégaire qui a été promu et mis en avant depuis trois décennies par les médias, pour des raisons essentiellement spirituelles, civilisationnelles et géopolitiques.

Nous devons à nouveau former non seulement des étudiants mais des citoyens et des hommes qui soient des hommes complets, des hommes qui, dès le baccalauréat, puissent exercer la plénitude de leurs facultés d’adultes, c’est-à-dire une liberté de juger, une liberté de penser, une liberté d’agir qui fasse d’eux des acteurs de la vie et non pas des spectateurs passifs de leur existence. Ca c’est un aspect absolument capital de la question éducative.

La question qui se pose, ceci reconnu c’est la question du comment faire ? Il est évident que la grande tradition française s’est construite sur la base d’un équilibre disciplinaire. Il est certain que le raisonnement et la culture scientifique, les mathématiques et la physique, ont toujours été dans notre tradition deux éléments incontournables et sans doute fondateurs de la formation de l’esprit français — en tous cas ça fait partie de l’héritage français, du génie français. C’est un des domaines dans lesquels le Français s’est le plus illustré. Cela ne veut pas dire bien évidemment qu’il faille écarter les autres disciplines scientifiques de la ratio studiorum. On peut évidemment réfléchir à l’introduction dans le secondaire de disciplines nouvelles, comme le droit, la santé ou la médecine. On peut réfléchir à l’enseignement de la biologie, mais il faut absolument libérer ces disciplines de toutes les charlataneries et autres délires  idéologiques type « gender studies » qui sont venu littéralement polluer en quelque sorte de l’intérieur ces disciplines. Ces doctrines et ces théories relèvent en effet du pur et simple conditionnement mental et de l’authentique matraquage idéologique pur et simple. Donc là aussi il faut remettre l’objectivité scientifique à sa place, c’est-à-dire la première. En outre, il faut remettre aussi davantage les sciences dans leur perspective historique. On est  beaucoup trop allé ces derniers dans le sens d’une présentation purement formaliste des problèmes (de type Bourbaki en mathématiques). En réaction à ce qui était déjà perçu par les enseignants et les pédagogues comme le caractère desséchant d’une telle approche, les psycho-pédagogues ont poussé en sens inverse et au nom du principe de plaisir et du spontanéisme de l’enfant développé des approches excessivement ludiques de l’enseignement. Conséquence, on a produit des générations d’élèves qui n’avaient plus la capacité d’asseoir leur raisonnement ou ne disposaient plus des connaissances scientifique fondamentales qui leur permettaient justement d’approfondir leur culture et à terme de développer eux-mêmes leur sens physique, leur sens mathématique et leur capacité à poser des problèmes et à trouver eux-mêmes les solutions.

Concernant la question du rôle dévolu au service public audiovisuel, il y a là beaucoup à dire. Le service public de l’audiovisuel a incontestablement un rôle très important à jouer dans la vulgarisation et la diffusion des sciences en même temps que dans la formation aux sciences. Nous avons en France de très grands savants ; nous avons de très bons vulgarisateurs ; nous avons des écoles d’excellence dans un certain nombre de disciplines. Et pourtant, il n’y a quasiment jamais d’émissions scientifiques sérieuses sur les principales chaînes publiques, et a fortiori sur les chaines privées. Jamais on ne voit aux heures d’écoute d’émissions scientifiques qui soient à la hauteur de ce qu’est l’excellence française et le génie français dans les sciences depuis  quatre siècles. Je m’attacherai une fois arrivée au pouvoir à remédier à cet état de fait.

Dans un monde de plus en plus complexe et technologique, les citoyens sont bombardés d’offres basées sur un argumentaire scientifique. Certains en profitent et voguent sur ces tendances pour tirer parti de consommateurs peu informés ou en situation de faiblesse, occasionnant au mieux une perte économique, au pire des dommages sur la santé. Le rapport 2010 de la MIVILUDES pointe par exemple les dérives des médecines alternatives dans le traitement du cancer (Rapport annuel au premier ministre 2010, p.129).

>> Dans quelle mesure l’état doit s’impliquer dans la lutte contre ces dérives ? L’éducation scientifique des citoyens est-elle un levier d’action dans ce domaine ?

Le choix qui s’impose à nous c’est un choix entre vérité et objectivité d’un côté, et fanatisme et endoctrinement de l’autre. Qui dit vérité et objectivité dit unité. Qui dit unité dit retour à un État fort, à une verticalité du pouvoir, à une hiérarchie des principes, à une reconnaissance méritocratique des talents ; l’exact inverse en somme de ce vers quoi nous nous dirigeons. La société actuelle fonce à grande vitesse vers la tour de Babel multicuturelle, s’achemine chaque jour un peu plus vers une société totalement horizontalisée conçue sur le modèle américain ou mondialiste et dans laquelle l’Etat et la nation ne seront plus rien d’autre qu’une juxtaposition de communautés et un agrégat d’individus n’ayant plus rien d’autre en commun que l’appât du gain et l’intérêt pour l’argent. Ces logiques se traduisent par un culte du « tout tout de suite »  absolument contraire à la poursuite du bien commun. Parallèlement elles s’accompagnent d’une exacerbation des revendications ethniques ou communautaristes et conduisent à la mise en avant de discours  ou de théories qui n’ont rien voir avec la vérité scientifique, la vérité historique ou la réalité sociale.  On voit ainsi aux Etats-Unis pulluler les télévangélistes, les marchands de rêve, les illusionnistes de tout poil et autres gourous du bonheur. Avec des conséquences parfois dramatiques pour la société et les personnes qui les suivent.

Ce qui se cache derrière ce type de comportements ce sont soit des logiques identitaires et communautaires, soit des logiques culturalistes et économiques fondées sur l’exacerbation des signes distinctifs et la propagation à tous les membres du clan, par exacerbation du désir mimétique, des comportements et modes identifiés comme bons par le système.

C’est un phénomène typique de l’hypercapitalisme financiarisé. Dans ce système, les entreprises sont contraintes pour conserver leurs parts de marché, de s’engager dans des logiques de segmentation. Du coup on voit apparaître des problématiques qui n’auraient eu aucun sens il y a 80, 70 ou même 50 ans de cela. Problématique de la nourriture hallal ou casher, problématique des produits pour hommes ou pour femmes, problématique des enseignements ad hoc dont on fait la promotion uniquement parce qu’on sait qu’en fait derrière il va y avoir une addiction ou comportement économique qui va être économiquement rentable. On pense aussi au sponsoring, à la multiplication des acteurs et intervenants extra-scolaires au sein de l’institution scolaire, à l’intrusion toujours plus massive des prescripteurs de comportement dans les enseignements, à la prise de pouvoir des entreprises de restauration dans les cantines scolaires mais aussi à l’intérieur des préaux, via la multiplication des distributeurs de canettes, de bonbons ou de sandwichs. Demain on en viendra à programmer les contenus scolaires en fonction des intérêts des multinationales, à segmenter les programmes en fonction des segmentations commerciales fixées par les grands groupes, à hacher les cours et donc les horaires de la journée en fonction des impératifs (publicitaires, commerciaux, mercantiles …) fixés par l’univers marchand, à saucissonner la vie des individus comme on saucissonne aujourd’hui le émissions de télévision ou les films télévisés en les entrelardant de spots publicitaires.

Il y a là une dérive très grave qui n’a plus rien à voir avec la science et nous éloigne grandement des principes d’objectivité, de neutralité et d’impartialité de l’enseignement.

Contre ces tentatives d’endoctrinement à grande échelle des citoyens, il faut qu’on puisse retrouver des émissions dignes, sereines, avec des hommes extrêmement compétents, hautement sérieux, qui puissent s’exprimer et éclairer les écoliers et les collégiens. Il faut refonder notre système médiatique, non seulement en inventant une nouvelle manière de produire l’information et de diffuser les émissions mais aussi et surtout en donnant aux médias de nouvelles règles déontologiques, plus claires, plus précises et plus justes. Il faut repenser le repenser le financement des médias, en permettant à chaque sensibilité d’opinion de s’exprimer mais aussi aux hommes de compétence et de talent de ce pays de s’exprimer et de débattre aux heures de grande écoute. Il faut enfin permettre aux acteurs de la médiasphère de retrouver le goût de la lumière. Il faut que le citoyen français soit un citoyen éclairé et instruit.

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