Jacques Cheminade : Politique énergétique

Les projections actuelles montrent que croissance économique et démographique entraîneront mécaniquement un doublement de la demande énergétique mondiale d’ici 2050 (pour atteindre 28 TW de puissance, contre les 14 TW mondiaux aujourd’hui). Par ailleurs, ce doublement de la production énergétique devra s’accompagner d’une diminution des rejets de dioxyde de carbone (CO2), un gaz à effet de serre, afin de ne pas déclencher une crise climatique et environnementale, dans un contexte mondial de raréfaction probable du pétrole et de méfiance vis-à-vis du nucléaire (en Europe notamment).

D’un point de vue purement quantitatif, certaines énergies renouvelables comme le solaire ou l’éolien représentent chacune moins de 1% de la production énergétique française contre environ 30 % pour le nucléaire et 50 % pour les combustibles fossiles (pétrole, gaz naturel, charbon). (source : Ministère de l’Ecologie, du développement durable, des transports et du logement)

La question posée par la production d’énergie est pour moi la question économique fondamentale pour la société future et elle ne peut être simplement traitée en alignant des données de comptabilité financière. Comme le dit justement Jean-Paul Fitoussi, directeur de recherches à l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE), les décisions à prendre ne peuvent être réduites à leur coût, et encore moins à leur coût à court terme. Ne prendre la question que par les coûts, c’est faire silence sur les bénéfices.

Il faut donc sortir de la terreur des chiffres comptables et examiner le fondement physique du sujet. Dans un univers en création continue, l’homme doit découvrir constamment des principes physiques nouveaux et les appliquer sous forme d’innovations technologiques pour assurer son avenir. Ainsi, pour assurer un futur à une espèce humaine en développement, la géothermie, les éoliennes, le solaire ou les marées ne peuvent constituer une solution, car la densité de flux d’énergie que ces types d’énergie procurent, par être humain, unité de surface et quantité de matière utilisée, n’est pas suffisante pour accroître le potentiel de densité démographique pour une société future ou, en d’autres termes, pour assurer la capacité d’accueil nécessaire aux générations à naître.

Les énergies fossiles se trouvent non seulement à leur pic d’exploitation, mais en ce qui concerne le pétrole, son usage devrait relever désormais de la pétrochimie et non de l’utilisation comme carburant. Reste donc pour assurer la vie des générations futures le recours au nucléaire, à condition que l’on passe à des types de réacteurs de moins en moins consommateurs d’uranium et de plus en plus à sécurité intrinsèque, c’est-à-dire aux réacteurs de quatrième génération et à la fusion thermonucléaire contrôlée, sans mettre tous les œufs dans le panier du confinement magnétique (ITER) et en accélérant la recherche dans la voie du confinement inertiel (lasers).

La sortie du nucléaire serait donc absurde. Cela reviendrait à arrêter de comprendre et d’appliquer les principes physiques qui gouvernent l’univers pour le nécessaire développement de la biosphère et de la noosphère, de la vie et de la pensée humaines. Comme si l’on pouvait abdiquer face à la connaissance et à ses applications. La dynamique de la création humaine doit être au contraire notre pari.

C’est par cette considération fondamentale que nous devons commencer pour ne pas nous laisser entraîner dans un faux débat voulu par les forces financières actuellement dominantes, qui entendent semer le trouble et le pessimisme pour justifier leur politique de profit immédiat sans développement de l’économie physique.

Car le développement du nucléaire, par nature à long terme, est incompatible avec la priorité financière à court terme. S’il est donc irresponsable de l’abandonner, il est tout aussi déplorable de continuer comme on va. Avec des technologies qui évoluent à peine ou trop lentement, en passant d’ajustements en sous-traitances en cascade, on se dirige vers une dévalorisation de la main d’œuvre. Le recours à des précaires du nucléaire, de plus en plus utilisés et de moins en moins respectés, conduira fatalement, si l’on continue ainsi, à une multiplication des dangers et des risques d’accidents. Non pas du fait du nucléaire, mais d’un système financier prédateur. EDF s’est récemment engagée à réduire les niveaux de sous-traitance à un maximum de trois ; il faut aller encore plus loin pour susciter et maintenir le plus haut niveau de compétence possible sans dilution et se donner les moyens de faire respecter les normes de qualité et de sécurité les plus strictes. L’essor des capacités créatrices du travail humain est consubstantiel au progrès scientifique.

C’est à partir de ces considérations qu’il faut prendre des décisions sur le mix énergétique et la nature de la source majeure d’électricité en France.

Considérons le rapport de l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques (Opecst) sur l’avenir de la filière nucléaire en France, qui a été publié le 15 décembre, ainsi que la proposition de François Hollande de ramener la part de l’électricité nucléaire en France à 50 % en 2025.

Ils reconnaissent comme moi qu’il serait irresponsable de sortir du nucléaire et affirment qu’il « doit conserver son rôle de pilier du bouquet électrique ». Cependant, faute de partir des considérations de fond sur lesquelles je me base, ils font de cette question économique et scientifique une question d’opportunité politique.

François Hollande et Michel Sapin ont déclaré ou laissé entendre qu’un processus très progressif de fermeture des centrales ne pourrait commencer que dans cinq ou six ans, mis à part l’arrêt immédiat de Fessenheim. Le rapport parlementaire envisage d’abaisser la part du nucléaire à 50 % mais en 2050, en fermant les réacteurs actuels au bout de 50 ans d’exploitation et en « remplaçant en fin de vie des centrales un réacteur sur deux, au bénéfice exclusif de la technologie de la troisième génération », représentée en France par l’EPR d’Areva. EDF exploiterait ainsi en 2050 30 EPR, soit une puissance de 50 000 mégawatts (MW) contre 63000 MW aujourd’hui. La capacité éolienne serait alors égale à celle du nucléaire (50 000 MW) et le photovoltaïque atteindrait 10 000 MW. A cet horizon commencerait le déploiement de la quatrième génération du nucléaire, celle des surgénérateurs utilisant des déchets comme combustibles.

Deux raisons font que ces deux arrangements, tant celui de François Hollande que celui des parlementaires, ne sont que des compromis politiques plaqués sur la réalité scientifique et physique.

Tout d’abord, c’est au moment de sa visite décennale que l’on décide de la poursuite ou non de la vie d’un réacteur, quand l’Agence de sûreté nucléaire (ASN) donne son autorisation pour des années supplémentaires, en principe dix, sous réserve que l’exploitant procède aux travaux de sécurité nécessaires.

Or les renouvellements éventuels des centrales les plus anciennes, celles de 900 MW, comme Bugey, Dampierre, Civaux ou Cruas, vont tous s’échelonner entre 2012 et 2014. C’est alors qu’il faudra trancher pour au moins dix ans. Car EDF, qui devra investir pour chaque réacteur entre 500 millions et 800 millions de travaux supplémentaires, exigera à chaque fois du gouvernement l’assurance ferme de dix années complètes au moins pour que les travaux ne soient pas réalisés à perte. Il faut donc bien savoir que c’est au début de la prochaine présidence que le futur gouvernement devra trancher sans pouvoir renvoyer les choix fondamentaux à plus tard. A l’horizon 2012-2014, le gouvernement ne pourra pas simplement fermer Fessenheim et éventuellement un autre réacteur, il devra prendre une décision de fond sur la politique de fermeture ou non des centrales anciennes.

De plus, l’accord entre le Parti socialiste et Europe écologie-Les Verts prévoit qu’aucun autre chantier de centrale ne sera ouvert pendant le prochain quinquennat : ni EPR ni aucun autre type de centrale. Autant dire qu’il n’y aura aucun investissement dans le futur, aucun pari sur l’avenir.

En ce qui concerne le rapport parlementaire, il donne une priorité absolue à l’EPR et à l’éolien en vue de 2050, en laissant une place importante au voltaïque, tout en renvoyant la quatrième génération du nucléaire après cette date et la fusion thermonucléaire aux calendes grecques.

Je suis convaincu qu’une telle solution n’en est pas une, car elle repose sur une extrapolation de ce qui existe et non sur l’investissement raisonné dans l’avenir.

Le mix qui me paraît nécessaire, étant entendu que seul le nucléaire peut et doit être la source majeure d’électricité demain en France, doit obéir à la séquence suivante :

  • fermeture et démantèlement des centrales nucléaires anciennes suivant l’avis de l’Autorité de sûreté nucléaire et en fonction du coût plus ou moins élevé des investissements à consentir pour leur mise à jour si une autorisation sous condition de travaux est donnée pour le prolongement de leur durée de vie ;
  • construction de l’EPR de Flamanville, pour lequel EDF se trouve à la moitié du chemin, et de celui de Penly, pour se substituer aux réacteurs éteints ;
  • examen de l’opportunité de poursuivre dans la voie des EPR, en établissant un calendrier pour la mise en œuvre accélérée des réacteurs de quatrième génération : production de réacteurs à haute température (HTR), et en particulier du réacteur à lit de boulets (PBMR), surgénérateurs refroidis au gaz, exploration de la voie prometteuse des réacteurs à sels fondus dans lesquels sont dissous des fluorures d’uranium 233 obtenus à partir du thorium. L’horizon de la mise en ligne de ces réacteurs ne devrait pas être 2050 mais au moins dix à quinze ans plus tôt. Une collaboration avec la Chine, la Russie et en particulier l’Inde, très intéressée par la filière thorium, devrait être rapidement étendue. Je n’ai jamais été un partisan enthousiaste de l’EPR, qui dope une technologie déjà ancienne, mais qu’il faut exploiter puisque l’expérience initiale a et aura été acquise en Finlande, à Flamanville et en Chine. Cependant, le déploiement de la quatrième génération est la priorité absolue.
  • en ce qui concerne la fusion, au-delà d’ITER nous devons mettre l’accent sur les réacteurs à confinement inertiel (lasers) qui me paraissent plus prometteurs. L’horizon pourrait et devrait être ici de quarante à cinquante ans, si l’effort est réellement mis dans ce domaine.

L’essentiel est de ne pas se décider en fonction de données comptables à court terme, au sein d’une économie en crise, mais de partir de ce qui est nécessaire pour l’avenir en remontant jusqu’au présent, tout en ouvrant la possibilité de changements en cours de route.

En ce qui concerne les autres formes d’énergie dites renouvelables, je suis opposé à leur extension à grande échelle car la densité de flux qu’elles procurent est insuffisante pour assurer le développement industriel nécessaire aux générations futures.

La décision prise par l’Allemagne de sortir du nucléaire la contraindra à acheter des quantités massives de gaz en Russie ou en Asie du Sud-Ouest, à ouvrir des centrales au charbon voire à lignite, avec des effets désastreux sur l’environnement.

Priorité donc à la physique nucléaire, qui est le domaine scientifique de pointe, et rejet de la sortie du nucléaire comme de la simple exploitation de technologies nucléaires existantes à un moment donné : il faut sortir de l’ère Westinghouse et rentrer dans celle d’un nucléaire du futur, social, citoyen et à sécurité intrinsèque.

 

Au sein de priorités déterminées par un ministre délégué au Plan, inspirateur et soutien de grands projets d’équipement financés par le crédit productif public, l’énergie doit être le levier d’une vision politique de notre avenir. Cela suppose trois choses :

  • séparer les banques de dépôt et de crédit, d’une part, des banques d’affaires investissant sur les marchés, de l’autre. Ces dernières ne doivent plus être renflouées, comme c’est le cas actuellement au sein de l’Union européenne, et les pertes qu’elles subissent en spéculant doivent être sanctionnées par des faillites ordonnées. C’est ce nettoyage des écuries d’Augias qui permettra d’échapper à la tyrannie du court terme. En tant que de besoin, les établissements financiers devront être nationalisés.
  • émettre du crédit productif public en faveur de grands projets d’équipement de l’homme et de la nature pour permettre la reprise de l’économie physique, tractée par la recherche et les développements et innovations technologiques. Les crédits à long terme et à faible taux d’intérêt pour ces projets seront fournis par une banque nationale d’équipement ou un pôle public d’équipement.
  • abroger l’article 123 du Traité sur le fonctionnement de l’Union européenne et des lois du 4 août 1993, relative au statut de la Banque de France, et du 12 mai 1998, qui bannissent le crédit productif public et interdisent « au Gouverneur et aux membres du Conseil de solliciter ou d’accepter des instructions du gouvernement ou de toute autre personne ».

Sans ce changement absolu d’orientation, le système actuel, fondé sur la priorité de la monnaie et du court terme, bloquera tout effort de recherche à long terme et détruira la substance même des économies.

Dans ce contexte nouveau, toutes les ressources humaines du Commissariat à l’énergie atomique (CEA), d’Areva et dans les applications d’EDF, devront être réunies pour constituer un ensemble Recherche/ Applications technologiques/ Innovations/ Centrales de production d’énergie. Je m’engage ainsi à redonner au CEA sa mission et ses moyens d’origine et à rétablir en son sein une direction industrielle pouvant coordonner et accélérer les efforts de recherche. Je m’oppose bien entendu au démantèlement d’Areva au nom de contraintes à court terme et à son dévoiement dans des formes de production d’énergie à basse densité de flux.

Actuellement, les deux grands défis sont de conserver l’énergie, bon marché et aussi propre que possible, et d’éviter les pertes en ligne.

Le nucléaire, en passant de la troisième à la quatrième génération, et de la quatrième génération à la fusion thermonucléaire contrôlée, remplit les meilleures conditions de production en tant que dynamique. Cependant, dans une île comme La Réunion, il est intéressant de produire de l’énergie à partir de la biomasse, et la géothermie peut représenter un recours intéressant dans certaines régions à déterminer. Une cartographie des énergies devrait ainsi être effectuée.

En ce qui concerne les transports, plus que les véhicules électriques à piles, l’hydrogène représente un moyen prometteur et non polluant. Il reste à prévoir le stockage sur les véhicules. L’avenir paraît être le stockage sous forme de composés chimiques capables de libérer facilement le gaz (nanotubes de carbone, hydrure de magnésium, acide formique…). Cet hydrogène pourra être produit par séparation thermochimique de l’eau grâce aux réacteurs nucléaires à haute et très haute température, refroidis au gaz ou à sels fondus. Pour les transports collectifs, la voie de l’aérotrain de Bertin mérite d’être à nouveau explorée, avec des moteurs à lévitation magnétique non polluants. De toutes façons, en milieu continental et sur moins de 1500 kilomètres, les transports rapides terrestres moins polluants et le ferroutage devraient être préférés au transport aérien et par camion.

Pour la production de chaleur, le principe de la pompe à chaleur (ou climatiseur inversé), qui donne couramment trois fois plus de chaleur qu’on lui a injecté d’énergie électrique, doit être bien entendu davantage utilisé.

Pour le stockage indirect de l’électricité, des dispositifs électromécaniques réversibles doivent être plus largement prévus. En disposant d’un réservoir d’eau à une hauteur suffisante, on part du point bas pour faire remonter de l’eau par pompage et on produit de l’électricité en faisant retomber l’eau du point haut vers le point bas, l’énergie cinétique de la chute se transformant en énergie mécanique par turbine, puis en électricité par un alternateur. On peut ainsi constituer des Stations de transfert d’énergie par pompage (STEP) : de l’eau est pompée et remontée vers le réservoir en altitude quand la demande sur le réseau est faible, en utilisant la production excédentaire de sources d’énergie non ajustables (nucléaire, solaire, éolien…) et récupérée pendant les pics de consommation en la faisant redescendre sous pression. Le stockage de l’électricité dans des cavités souterraines en ayant recours à la technique de l’air comprimé et les batteries Nas devraient également rentrer dans un mix du stockage.

Le stockage d’énergie par chaleur sensible ou chaleur latente représente une voie à explorer davantage. La propriété de lévitation des supraconducteurs peut, elle aussi, être mise à profit pour faire du stockage d’énergie (volant d’inertie Flywheel). Mieux encore, de gros prototypes de SMES (Superconducting magnet energy storage) ont été réalisés à Grenoble, au département MCBT de l’Institut Néel, avec l’aide de partenaires comme Nexans et la DGA. Il faut davantage soutenir ces efforts. A terme, la production et le stockage d’énergie grâce à l’anti-matière doivent continuer à être étudiés : bien qu’aujourd’hui futuriste, elle apparaît théoriquement possible, et l’on sait que les théories d’aujourd’hui peuvent ouvrir la voie aux grandes découvertes et aux innovations de demain.

Transporter l’électricité en minimisant les pertes d’énergie est un autre domaine passionnant. Le recours à la supraconductivité ouvre d’immenses possibilités. Le câble électrique supraconducteur de Nexans, quatre fois plus puissant qu’un tube classique de même section, grâce à un matériau supraconducteur à base de cuivre et de bismuth, est un bon exemple des approches à étendre.

Enfin, il est clair que d’énormes progrès sont à faire en France en matière d’isolation des logements, pour arriver à des habitations de plus grande inertie thermique permettant de lisser et de diminuer les besoins de chauffage et de rafraîchissement.

C’est ainsi, j’en suis convaincu, par une combinaison du recours au nucléaire de l’avenir, des moteurs à hydrogène et des transports collectifs terrestres à grande vitesse, du stockage d’énergie et d’électricité et des réductions des pertes lors de leur transport, ainsi que par une politique d’isolation intelligente, que l’on pourra produire davantage tout en consommant et en transportant mieux une énergie « bon marché et aussi propre que possible ».

One Response to Jacques Cheminade : Politique énergétique

  1. Judicael says:

    Merci M. Cheminade d’avoir exposé votre programme en matière de politique énergétique.

    Ah quelle belle physique, la physique nucléaire ! C’est celle qui fait rêver tout jeune scientifique bien formaté dont je ne dois pas faire partie. C’est grâce à elle que l’on entre dans le cœur de la matière, que l’on remonte au moment du big bang, que l’on découvre les dernières particules à la mode et que l’on découvre des neutrons qui pourraient contredire Einstein… ah non pardon, on me signale dans l’oreillette que c’est un câble mal branché qui aurait faussé la mesure… dommage, encore une erreur humaine.

    Heureusement, cette fois-ci, l’impact de cette erreur humaine n’aura été que médiatique. Pas comme en 86, à côté d’une petite ville nommée Pripiat, en Ukraine, où une catastrophe nucléaire a tué… tué beaucoup, j’avais un an et je ne m’en souviens pas.

    Je me souviens par contre très bien, il y a un an, de ce qui s’est passé à Fukushima… l’horreur ! J’ai eu honte de moi… savez-vous pourquoi ? J’étais soulagé que cela arrive de l’autre côté de la planète et que cette catastrophe épargne mes enfants. J’ai eu une réaction égoïste et je n’en ai pas été fie. Et puis ensuite j’ai eu peur, peur que cela arrive à côté de chez moi.

    Alors je vois venir les grands discours me reprocher de ne faire qu’attiser cette peur irrationnelle. Et je m’étonne moi-même, pourtant scientifique et cartésien, de tomber dans l’irrationnel lorsque je parle de nucléaire mais cette question ne peut être éludée et chacun doit se poser la question : Si j’avais le choix, accepterais-je de laisser se construire à côté de chez moi, et de mes enfants, une centrale nucléaire ?

    Le syndrome NIMBY (not in my backyard) a souvent été détecté chez des personnes voisines de parcs éoliens. « Je n’ai rien contre les éoliennes mais pas derrière chez moi ». Cela pourrait-t-il s’appliquer aussi au centrales nucléaires ? Sauf que le derrière chez moi fait 300km dans le cas du nucléaire.
    Alors vous pouvez invoquer toutes les impossibilités (non fondées soit dit en passant) des renouvelables à assurer l’approvisionnement énergétique de l’humanité, je vous réponds en évoquant simplement le risque contre l’humanité que présente le nucléaire.

    Nous vivons au-dessus de nos moyens énergétiques, réduisons tout d’abord nos besoins et faisons des choix RAISONNABLES qui ne mettent en danger la vie d’aucun être humain et surtout pas celles de nos enfants.

    J’aurais voulu en dire beaucoup plus contre votre discours scientiste mais je sais que vous vous attacherez autant à vos idées que moi aux miennes et que mon but n’est pas de vous convaincre vous, mais de convaincre ceux qui ne sont pas posé la fameuse question : Si j’avais le choix, accepterais-je de laisser se construire à côté de chez moi, et de mes enfants, une centrale nucléaire ?

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